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02 mars 2022

Dominique Fortier - dfortier@medialo.ca

Redécoupage électoral: un risque de perdre une circonscription fédérale dans l'Est-du-Québec?

CIRCONSCRIPTIONS FÉDÉRALES

Carte électorale

©Photo Gracieuseté - Élections Canada

La carte actuelle des délimitations électorales depuis le dernier exercice produit en 2012.

Chaque décennie, la Constitution canadienne impose une révision des limites des circonscriptions partout au pays selon la densité de population. L'Est-du-Québec pourrait être ciblée dans ce redécoupage.

Pour demeurer telles quelles, les circonscriptions doivent obtenir un statut d'exception. C'est ce que fera valoir les différents intervenants dont les députés qui s'opposeraient à tout changement. À la fin du processus, la commission de délimitation du Québec se penchera sur la question et statuera sur les nouvelles limites à imposer et sur celles à maintenir.

Il y a dix ans, le même risque de perdre une circonscription dans l'Est-du-Québec était présent. Les députés de l'époque, soit le bloquiste Jean-François Fortin et les néodémocrates, Philip Toone et Guy Caron avaient fait valoir le droit aux citoyens des régions d'avoir une représentation effective considérant la vastitude du territoire, et ce, malgré une faible densité de population. Déjà en 1966, les Îles-de-la-Madeleine perdaient leur statut de circonscription pour être greffées à la Gaspésie. En 2002, la Haute-Gaspésie intégrait le comté de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine alors qu'Avignon se joignait à La Mitis-Matane-Matapédia. Aucune circonscription n'avait été perdue dans l'Est-du-Québec.

Qu'en est-il cette fois-ci? La députée bloquiste d'Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, est d'avis qu'il est préférable d'aller au-devant des coups. « Les arguments des députés de l'époque sont les même qu'aujourd'hui. On ne doit pas être pénalisé en raison de notre population. Le calcul est strictement démographique. Ce qu'on essaye de dire est qu'il faut se baser sur le contexte géographique régional, culturel et historique. »

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Kristina Michaud ajoute que de devoir parcourir quatre heures de route entre chaque bureau de circonscription en plus de devoir siéger à Ottawa la moitié de l'année est déjà un défi en soi. « Si on a un territoire encore plus grand à couvrir, c'est plus difficile de représenter tous les électeurs de façon efficace. C'est pourquoi ni l'Est-du-Québec et ni la province elle-même ne doit perdre de siège. On doit protéger le poids politique du Québec aux Communes. »

Un geste concret serait d'instaurer un clause « nation » au Québec pour éviter que la province perdre un siège pendant que d'autres provinces comme l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta en gagneraient quatre au total. En ce sens, la députée souhaite que tous les partis parlent d'une seule voix pour protéger la place du Québec à Ottawa.

Au cours des prochains mois, des consultations seront enclenchées pour permettre notamment aux députés de déposer des mémoires en vue de la décision finale qui serait vraisemblablement rendue en 2023.

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